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L’année 2012 aura été marquée par deux ouvertures de capital importantes qui marquent la volonté des marques françaises de mode de partir à la conquête des marchés internationaux.

Fin février, la fille de Sonia Rykiel, Nathalie, héritière de la fondatrice de la célèbre marque de mode éponyme créée en 1968, qui détenait encore au début de l’année tout le capital de cette entreprise familiale, choisit de vendre 80 % des parts de son capital. C’est un fonds d’investissement chinois qui se porte acquéreur, Fung Brand, contrôlé par la famille Fung qui est également propriétaire du grand groupe Li&Fung, leader mondial du sourcing, et de Cerruti. Présidé par l’homme d’affaires français Jean-Marc Loubier, ancien de Louis Vuitton, ex-PDG de Céline, et ancien patron de la marque de mode Escada, ce fonds venait juste de racheter le chausseur français Robert Clergerie, et avait projeté l’an passé de reprendre la maison Jean-Paul Gautier. Sa position privilégiée dans le monde de la mode le désignait en effet comme l’un des mieux placés pour permettre à la maison familiale Rykiel d’accélérer avec succès son développement international. 

Plus récemment, c’est Thierry Gillier qui a choisi de positionner plus avant sur la scène internationale la célèbre marque Zadig & Voltaire dont il est le fondateur, propriétaire et patron. Après cinq mois de négociations, il a signé le 30 mars 2012 un protocole d’accord avec le fonds TA Associates, valorisant ainsi sa société pour près de 400 millions d’euros. Cet accord permettra à cette marque renommée et très rentable de relancer sa croissance en s’élevant au-dessus de son statut de PME familiale. L’expertise de TA Associates en la matière lui sera un atout majeur.

Ces transactions notoires, qui font bouger les frontières des marques de mode françaises ont été menées avec les conseils de LCF Rothschild, dont la branche Corporate Finance a pour Présidente du directoire Laurence Danon. Cette agrégée de sciences physiques au caractère trempé, animée par le goût du challenge, est devenue une actrice plus qu’influente au sein du monde des affaires. C’est elle qui a mené à bien le dossier Rykiel, puis celui de Zadig & Voltaire, son expérience à la tête de la chaîne de grands magasins Printemps de 2001 à 2007 lui ayant certainement donné l’occasion de déployer son expertise. Elle était déjà à la manœuvre lors des ouvertures du capital de Darel en 2008 au fond Advent, de Daume en 2009, et de Sandro-Maje en 2010 aux fonds L-Capital et Florac. 

Il a récemment filtré que la marque Nuxe faisait actuellement appel à ses services. Dans le contexte actuel de cession lié à la nécessaire mondialisation des marques françaises, LCF Rothschild s’impose ainsi comme un acteur aussi discret qu’efficace, que l’on devrait voir à la manœuvre les prochains mois.

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 kandinsky

Beaubourg retrace le parcours de celui qui fut l’un des pères de l’abstraction. Dans un très bel accrochage mais sans clés d’interprétation

lus de 90 peintures, pour la plupart de grand format. Un accrochage vaste et baigné de lumière qui laisse respirer les toiles. Sur le strict plan esthétique, la rétrospective Kandinsky qui s’ouvre dès demain au Centre Pompidou est une fête pour l’œil.

 

En 1984, cet établissement avait déjà consacré au peintre une exposition centrée sur ses collections, riches des nombreux dons et legs de Nina Kandinsky. Cette fois, il s’est associé à la Städtische Galerie im Lenbachhaus de Munich et au Musée Guggenheim de New York, les deux autres grands détenteurs d’œuvres de Kandinsky, pour retracer tout le cheminement du peintre, à travers des œuvres majeures.

 

Né à Moscou en 1866 dans une famille fortunée, venu à l’art sur le tard, après avoir travaillé comme juriste et ethnologue, Vassily Kandinsky n’a cessé au long de sa vie de déménager à travers l’Europe. Parfois par choix, comme lorsqu’il séjourne en 1906 à Paris pour se frotter à l’avant-garde, avant de s’installer en 1908 en Bavière, à Murnau et Munich.

 

Plus souvent bousculé par les turpitudes de l’histoire : la guerre en 1914 qui le fait rentrer précipitamment à Moscou, puis la révolution russe de 1917 qui, en le spoliant de tous ses biens, le pousse à repartir en Allemagne, la montée du nazisme enfin qui le ramène à Paris où il va terminer ses jours, au lendemain de la Libération, en 1944.

 

Or cette vie d’errance d’un artiste apatride (il changea trois fois de nationalité, d’abord russe, puis allemand, puis français) entraîne, à chaque étape, une évolution de son style, comme si Kandinsky, avec une curiosité inlassable, s’attachait à constamment relancer son destin, à réactiver sa peinture, sans s’enfermer dans un système.

 

Inventeur de l’abstraction, il ne renonce pas pour autant aux figures symboliques qui hantaient ses premiers tableaux, mais les réduit à l’état de signes, discrets et allusifs. Enseignant au Bauhaus de 1922 à 1933, il trace ses lignes et ses cercles au compas et à la règle, sépare le « Jaune-Rouge-Bleu » avec une rigueur de géomètre, rêve de cosmos et de planètes…

 

Puis change brusquement d’inspiration avec son exil à Paris. Voilà qu’il revient à des formes biomorphes, et même microscopiques, un ballet de paramécies, parfois des semis de points colorés (Mouvement I) qui rappellent le folklore russe, avec un brin de nostalgie. Comment lier toutes ces périodes, cerner ce parcours chahuté ? C’est là que l’accrochage de Beaubourg pèche, ne livrant au visiteur que quelques dates et faits sans se risquer à interpréter la peinture, à décrypter les formes magnifiques qui chantent sur les cimaises.

 

La quête métaphysique de celui qui écrivit Du Spirituel dans l’art se trouve ainsi curieusement escamotée. Est-ce une vision parisienne ? On oublie trop souvent que Kandinsky est d’abord pétri de culture orientale, qu’il a grandi dans la foi orthodoxe, dans l’environnement des icônes. Il s’est intéressé aussi à la théosophie de Rudolf Steiner. Et aspire à un art qui élève l’âme, à l’opposé du matérialisme et du positivisme de l’Occident. Tout l’élan qui emporte sa peinture vient de là.

 

Ses grandes Compositions des années 1911 à 1913 – absentes de l’exposition de Beaubourg – abordent d’ailleurs des thèmes explicitement religieux comme l’Apocalypse (Composition IV), le Jugement dernier (V) ou le Déluge (VI). Il aurait ainsi été utile d’aider le public néophyte à retrouver dans nombre des toiles de l’artiste, y compris de la période abstraite, certains motifs récurrents comme le cavalier saint Georges triomphant du mal, la montagne au bleu céleste, ou la barque dans la tempête.

 

De même, on aurait aimé que l’exposition s’arrête (et non les seules notices succinctes du catalogue) sur l’étrange bordure blanche (couleur de l’absolu pour le peintre) qui gagne certaines peintures à partir de 1913, comme si l’image émergeait d’une nuée, d’une vision. C’est en fait dans ce désir constant de s’arracher aux contingences du monde terrestre, à l’étroitesse des apparences, pour accéder à une réalité supérieure, de l’ordre d’une révélation, que Kandinsky trouve sa voie abstraite. Dans cette libération des lignes et des couleurs qui opère une vraie conversion.

« Ce soir, Paris est revenu au centre du marché de l’art mondial » (Ed Dolman, président de Christie’s)

Collection d'Yves Saint Laurent et Pierre Bergé

Collection d'Yves Saint Laurent et Pierre Bergé

 

Paysage de Toscane

Paysage de Toscane

Cette photo du blog de photo d’art Pixels Art, tirée de l’album “Toscane”, et qui m’évoque furieusement le fond d’écran par défaut de Windows XP. Pas vous ?

L’antique question : qui, de l’art ou du réel (en l’occurence le virtuel !), est le reflet de l’autre ?