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Voilà ce qui arrive lorsque la plus extrême des GT de série passe entre les mains d’un designer un peu frapadingue, de préférence imprégné de culture branchouille urbaine : un hommage très spécial à la Bugatti Veyron, baptisé Renaissance.

Cette libre interprétation de Bugatti Veyron sort tout droit de l’esprit tortueux de John Mark Vicente, designer canadien de son état. L’individu n’en est pas à son coup d’essai : régulièrement, JVM Design revisite à sa manière les sportives les plus marquantes… Ici, il fallait une bonne couche de perversion pour imaginer cette Bugatti Veyron particulièrement hargneuse! La déviance appliquée à l’automobile…

On doute que cette Bugatti Renaissance soit du goût des nostalgiques de la marque, mais le clin d’œil aux Bugatti des années 30 est subtil : contrairement à la Veyron « courante », la traditionnelle calandre en fer à cheval n’est pas simplement apposée sur sa face avant mais sert de point de départ au capot, plus bombé. Ce qui a pour effet de mettre en exergue les passages de roues avant, ajoutant encore à l’agressivité de la créature. Fini également les feux classiques, remplacés par des éléments à Leds en amande… Depuis la Bertone Mantide, il s’agit certainement du concept le plus audacieux, voire brutal, qu’il nous ait été donné de contempler.

L’identité de la supercar alsacienne est pourtant étrangement présente, ne serait-ce que par ses proportions équilibrées : malgré un poste de conduite relativement avancé, le profil garde une certaine harmonie. Et surtout, un tel postérieur est loin d’être innocent. L’arrière passerait pour une caricature de Veyron et en reprend les motifs : double bossage, galbes prononcés… Une nouvelle mante religieuse donc, pour l’instant cantonnée aux écrans de son créateur et des internautes. À moins qu’elle ne stimule l’inspiration d’unMansory ou autre préparateur adepte de la décadence…

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Un jour vous y viendrez… Exténué par la cohue du métro, consterné par les considérations politico-météorologiques des chauffeurs de taxi, vous vous propulserez dans ces véhicules imaginés par Petr Kubik et tous droits sortis du 5ème élément de Luc Besson… le robot taxi !!!

Ses couleurs, très taxi New-Yorkais, son tampon « écologiquement correct », son design entre la smart et ces drôles de trotinettes électriques que l’on commence à croiser, en font un vrai concept futuriste ; reste à imaginer le système de guidage ad hoc !

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CONCEPT OPEL

Le concours de la mobilité du futur organisé par Opel et le Royal College of Art vient de rendre son verdict. Sur le thème donc de la mobilité de demain, une vingtaine de candidats étudiants européens ont ainsi imaginé le véhicule du futur. Au final, c’est le Français Augustin Barbot qui gagne le titre.

Son concept dénommé Opel D49 ou Darwin 2049 se déplace à 10 cm au-dessus du sol par la force électromagnétique ou plonge comme un sous-marin ! Trois turbines, deux à l’avant et une à l’arrière, produisent l’énergie qui fait avancer ce véhicule léger. Elément important du concept, le châssis en aluminium est simplement recouvert d’une résine transparente et étanche, semi-rigide, et se passe de tout autre élément de carrosserie. Agé de 25 ans, Augustin Barbot remporte ainsi un stage de trois mois au Centre de Design de General Motors Europe à Rüsselsheim.

« Le niveau atteint par les travaux était en général excellent. Tout que nous avons vu était très innovant et tenait compte à la fois des nécessités pratiques et du besoin émotionnel de la mobilité. Augustin a fait un bon travail et a su interpréter la problématique en reprenant le point de vue d’Opel/Vauxhall. Il est parti de notre engagement dans le véhicule électrique et il a anticipé les besoins de mobilité future », s’est exprimé Anthony Lo, patron du design avancé de GME et membre du jury.

La compétition s’achève le 27 avril par une exposition de tous les dessins au LT Museum de Londres (musée du transport).
Le gagnant de l’épreuve travaillera trois mois au Centre Européen de Design de General Motors, afin d’engranger de l’expérience et de travailler également sur les nouvelles technologies.

D’autres constructeurs comme Peugeot, Volkswagen ou encore Daihatsu font confiance à de jeunes talents, avec des stages dans leurs différents centres de design respectifs à la clef. Comme dans d’autres secteur, le participatif gagne donc l’automobile. Dans le domaine du rail, la SNCF va encore plus loin en mettant à disposition un site permettant de soumettre des idées pour améliorer les trajets, ce qui a notamment permis de généraliser le Wifi dans les TGV. Alors, à quand un site où on pourra choisir à quoi ressemblera le prochain modèle d’un constructeur automobile ?

 

On nous pardonnera de citer un peu au long ce qu’écrivait Roland Barthes au sujet de La nouvelle Citroën dans ses Mythologies :

“Je crois que l’automobile est aujourd’hui l’équivalent assez exact des grandes cathédrales gothiques : je veux dire une grande création d’époque, conçue passionnément par des artistes inconnus, consommée dans son image, sinon dans son usage, par un peuple entier qui s’approprie en elle un objet parfaitement magique.
La nouvelle Citroën tombe manifestement du ciel dans la mesure où elle se présente d’abord comme un objet superlatif. Il ne faut pas oublier que l’objet est le meilleur messager de la surnature: il y a facilement dans l’objet, à la fois une perfection et une absence d’origine, une clôture et une brillance, une transformation de la vie en matière (la matière est bien plus magique que la vie), et pour tout dire un silence qui appartient à l’ordre du merveilleux. La «Déesse» a tous les caractères (du moins le public commence-t-il par les lui prêter unanimement) d’un de ces objets descendus d’un autre univers, qui ont alimenté la néomanie du XVIIIe siècle et celle de notre science-fiction: la Déesse est d’abord un nouveau Nautilus.
C’est pourquoi on s’intéresse moins en elle à la substance qu’à ses joints. On sait que le lisse est toujours un attribut de la perfection parce que son contraire trahit une opération technique et tout humaine d’ajustement: la tunique du Christ était sans couture, comme les aéronefs de la science-fiction sont d’un métal sans relais. La DS 19 ne prétend pas au pur nappé, quoique sa forme générale soit très enveloppée; pourtant ce sont les emboîtements de ses plans qui intéressent le plus le public: on tâte furieusement la jonction des vitres, on passe la main dans les larges rigoles de caoutchouc qui relient la fenêtre arrière à ses entours de nickel. Il y a dans la DS l’amorce d’une nouvelle phénoménologie de l’ajustement, comme si l’on passait d’un monde d’éléments soudés à un monde d’éléments juxtaposés et qui tiennent par la seule vertu de leur forme merveilleuse, ce qui, bien entendu, est chargé d’introduire à l’idée d’une nature plus facile.
Quant à la matière elle-même, il est sûr qu’elle soutient un goût de la légèreté, au sens magique. Il y a retour à un certain aérodynamisme, nouveau pourtant dans la mesure où il est moins massif, moins tranchant, plus étale que celui des premiers temps de cette mode. La vitesse s’exprime ici dans des signes moins agressifs, moins sportifs, comme si elle passait d’une forme héroïque à une forme classique. Cette spiritualisation se lit dans l’importance, le soin et la matière des surfaces vitrées. La Déesse est visiblement exaltation de la vitre, et la tôle n’y est qu’une base. Ici, les vitres ne sont pas fenêtres, ouvertures percées dans la coque obscure, elles sont grands pans d’air et de vide, ayant le bombage étalé et la brillance des bulles de savon, la minceur dure d’une substance plus entomologique que minérale (l’insigne Citroën, l’insigne fléché, est devenu d’ailleurs insigne ailé, comme si l’on passait maintenant d’un ordre de la propulsion à un ordre du mouvement, d’un ordre du moteur à un ordre de l’organisme).
Il s’agit donc d’un art humanisé, et il se peut que la Déesse marque un changement dans la mythologie automobile. Jusqu’à présent, la voiture superlative tenait plutôt du bestiaire de la puissance; elle devient ici à la fois plus spirituelle et plus objective, et malgré certaines complaisances néomaniaques (comme le volant vide), la voici plus ménagère, mieux accordée à cette sublimation de l’ustensilité que l’on retrouve dans nos arts ménagers contemporains: le tableau de bord ressemble davantage à l’établi d’une cuisine moderne qu’à la centrale d’une usine: les minces volets de tôle mate, ondulée, les petits leviers à boule blanche, les voyants très simples, la discrétion même de la nickelerie, tout cela signifie une sorte de contrôle exercé sur le mouvement, conçu désormais comme confort plus que comme performance. On passe visiblement d’une alchimie de la vitesse à une gourmandise de la conduite.
Il semble que le public ait admirablement deviné la nouveauté des thèmes qu’on lui propose: d’abord sensible au néologisme (toute une campagne de presse le tenait en alerte depuis des années), il s’efforce très vite de réintégrer une conduite d’adaptation et d’ustensilité (« Faut s’y habituer »). Dans les halls d’exposition, la voiture témoin est visitée avec une application intense, amoureuse: c’est la grande phase tactile de la découverte, le moment où le merveilleux visuel va subir l’assaut raisonnant du toucher (car le toucher est le plus démystificateur de tous les sens, au contraire de la vue, qui est le plus magique): les tôles, les joints sont touchés, les rembourrages palpés, les sièges essayés, les portes caressées, les coussins pelotés; devant le volant, on mime la conduite avec tout le corps. L’objet est ici totalement prostitué, approprié: partie du ciel de Metropolis, la Déesse est en un quart d’heure médiatisée, accomplissant dans cet exorcisme, le mouvement même de la promotion petite-bourgeoise.”

 

Ces préliminaires posés, on comprendra quel fur notre frémissement en apprenant la nouvelle : Citroën se prépare à ressortir sa mythique DS, la voiture adoptée à la fois par de Gaulle et par Buckminster Fuller !

Et bien amis lecteurs, nous en fûmes pour nos frais : rien, vraiment, ne justifie la reprise de cette mythique appelation dans le lugubre concept-car qu’a dévoilé la marque : jugez plutôt, et si vous partagez notre déception, tournez-vous comme nous, puisqu’il est encore temps, sur le marché de l’occasion !

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