Troyes- Depuis le 8 avril l’exposition « Afrique, collections croisées » au musée d’Art moderne à Troyes fait le bonheur des amateurs d’art.

 

Plus que jamais, l’exposition du musée d’Art moderne «Afrique, collections croisées», inaugurée le 8 avril dernier, s’affirme comme l’événement culturel de l’été et même de l’année. Elle dépasse pour l’instant toutes les espérances en termes de fréquentation. Il sera sans doute difficile de faire aussi bien que le Beau XVIe, qui avait bénéficié de nombreux échos médiatiques, toujours est-il qu’elle semble bien partie pour battre les records d’affluence de la rétrospective consacrée à Maurice Marinot l’an dernier.

Jacques Chirac en invité prestigieux

Les 10 000 visiteurs enregistrés à la mi-juin sont de bon augure pour la suite. Un succès qui s’explique sans doute par son caractère unique.
En effet, c’est la première fois que la cité tricasse met l’art africain à l’honneur. Sans compter que depuis l’ouverture du musée du Quai Branly à Paris, en 2006, les arts premiers suscitent un grand intérêt du public.
Dans ce contexte, pas étonnant qu’à Troyes, touristes et Troyens se bousculent pour découvrir les trois cents œuvres présentées, provenant des collections de Pierre et Denise Lévy, bien évidemment, mais surtout de celle de Patrick et Catherine Sargos, collectionneurs privés. Le fruit de cette association est tout simplement superbe.
L’écho qui en a été fait est tel, que l’ancien président de la République, Jacques Chirac, en fin connaisseur, a fait le déplacement courant mai, quinze jours après le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, pour la découvrir. L’ancien chef de l’État n’a pas tari d’éloges et ne s’est pas privé de vanter «la qualité» de la collection, ni de montrer son enthousiasme devant « cette magnifique et remarquable exposition aux pièces exceptionnelles».
Entre masques, fétiches, objets sacrés ou du quotidien, statuettes, de petites tailles ou aux dimensions impressionnantes, le public est invité à voyager du Burkina Faso à l’Afrique Centrale, à la découverte du travail des sculpteurs traditionnels et la diversité de leur art. Des pièces inestimables, rares et de qualité datant du XVIe mais aussi des XVIIIe et XXe.
Mais l’originalité de l’exposition consiste également à mettre en lumière l’influence de l’art primitif sur les artistes d’avant-garde du début du XXe, à travers la présentation des œuvres d’André Derain, Pablo Picasso, Julio Gonzales, Amedeo Modigliani jusqu’à la création contemporaine du sculpteur sénégalais Ousmane Sow.
Le résultat est tout simplement époustouflant et fascinant. La fréquentation des lieux prouve que les Arts premiers sont devenus un courant artistique à part entière, reconnu et admiré du plus grand nombre.

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