INTERVIEW | 4 décembre 2010

Sofia Coppola: « »Somewhere », un état de suspension existentielle!»

Par DIDIER PÉRONPHILIPPE AZOURY

Sofia Coppola a la réputation de ne pas être très bavarde pendant les interviews. Au cours de l’entretien (que Libération publiera le mercredi 5 janvier 2011, jour de la sortie du film), elle décrit son quatrième long-métrage comme le portrait d’un homme en crise dans un monde entièrement fabriqué non pour réfléchir mais pour se divertir. Extraits.

Pourquoi ce titre, Somewhere?

Ce n’était qu’un titre de travail, je devais en trouver un autre mais il est resté. Le personnage de Johnny Marco voudrait aller quelque part mais il ne sait pas où, il doit changer quelque chose mais c’est une idée qui reste vague. Somewhere a une résonance poétique qui rend bien compte de cet état de suspension existentielle.

La légende du Chateau Marmont était importante pour vous?

C’était important que le personnage soit là parce que tous les acteurs à Los Angeles à un moment donné y sont passés, soit comme résidents ou pour y prendre un verre ou faire la fête. J’y suis allée avec des copines quand j’avais 20 ans, j’y ai séjourné quelquefois…

Vous avez croisé Helmut Newton à l’hôtel…

Oui, on s’est retrouvés un jour dans l’ascenseur. Il n’y en a qu’un seul dans l’hôtel, c’est un lieu de rencontre très privilégié. C’était vraiment l’un de mes héros. Il revenait de la gym. Nous avons échangé quelques mots. Quelques heures plus tard, je suis revenue à l’hôtel et j’ai vu sa voiture écrabouillée. Il est mort ce jour-là en percutant un des murs du château.

Pourquoi avoir choisi Stephen Dorff ?

J’ai commencé à penser à lui pendant l’écriture du script. Je savais que c’était quelqu’un de doux et qu’il correspondait au personnage qui est à la fois une star virile et en même temps quelqu’un de fragile, d’enfantin que l’on a envie de protéger.

 

http://next.liberation.fr/cinema/01012311368-sofia-coppola-somewhere-un-etat-de-suspension-existentielle

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