Les vignes du domaine de la Passion Haut-Brion, sur 1,31 hectare, touchent celles des châteaux Haut-Brion et La Mission Haut-Brion. Et n’allez pas croire que le propriétaire actuel du domaine, Michel Allary, tente de s’approprier indûment le nom de Haut-Brion. La parcelle qu’il exploite est historiquement référencée «domaine du Haut-Brion la Passion», qu’un jugement de la cour d’appel de Bordeaux transformera en 1929 en «domaine de la Passion Haut-Brion», confirmant au passage le droit à ses propriétaires d’utiliser ce patronyme célèbre. Mieux, l’histoire du domaine et celle du château Haut-Brion ont longtemps été mêlées. En 1948, René Allary, le grand-père de l’actuel propriétaire et son cousin Jean Bardinon confient les vignes à leur célèbre voisin.

Le savoir-faire de Haut-Brion permettra d’accoucher année après année de superbes flacons. Un changement de réglementation interdisant de vinifier dans son chai des vins d’un autre domaine, les raisins de domaine entreront désormais dans la production du grand vin de Haut-Brion. Ces raisins du paradis vont se transformer en raisins de la colère lorsqu’en 2004 Michel Allary décide au terme du bail de reprendre à son compte ce patrimoine familial et faire renaître ce domaine après trente ans de sommeil. C’est à Stéphane Derenoncourt, le très en vue œnologue conseil de Saint-Emilion, qu’est revenu l’honneur et la lourde charge de faire vivre ce premier millésime 2008. Un vrai défi dans une année difficile où mildiou et oïdium contraignirent à sélectionner les grains un par un. Au final, un rendement ridicule (15 hectolitres par hectare) et seulement 2 400 bouteilles de produites. Mais un plaisir inégalé de goûter un grand moment d’histoire.

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